Tout le monde connaît plus ou moins le magnétisme et l'éventail de possibilités qu'il offre à ceux qui le pratiquent.
Les effets du magnétisme sont amplifiés et étendus lorsque des états sophroniques judicieusement utilisés viennent leur offrir plus d'efficacité et de nouvelles applications.

Comment définir le magnétisme qui consiste en un échange d'une énergie qualifiée différemment selon les époques, les cultures et les croyances? Des mots différents ont été utilisés: fluide, onde, effluve, émanation, vibration, radio activité, etc…

Si le vocabulaire est imprécis, la puissance de cette "énergie" est bien réelle…et à notre disposition. Pour en bénéficier, il est nécessaire d'en prendre conscience, puis de la maîtriser, ensuite de la développer et enfin de la mettre en mouvement pour soi et pour les autres. Comme en toutes choses, certains sont plus doués que d'autres; mais personne n'est exclu. Chacun peut maîtriser, développer et utiliser "le magnétisme", cette force vitale que les difficultés de la vie "bloquent" parfois au plus profond d'un être.

Depuis l'antiquité

Cette utilisation des énergies communicatives de l'organisme humain était connue et pratiquée dans l'antiquité. Les effets curatifs du magnétisme étaient exploités par les prêtres de la civilisation égyptienne qui soulageaient des malades par des passes magnétiques. Mais ils y ajoutaient le fait de les plonger dans un état intermédiaire entre la veille et le sommeil.

Un papyrus contient cette phrase:


Dans "Le Livre des Morts" de l'Egypte antique nous pouvons lire:
"Je place les mains sur toi, Osiris, pour ton bien, pour te faire vivre".
Cette imposition des mains est représentée par les mains d'un "magnétiseur" posées sur le dos d'Osiris.

Cette image nous confirme l'importance accordée au magnétisme, puisque le dieu Osiris a été coupé en quatorze morceaux qui ont été dispersés et rassemblés ensuite par Isis. Elle nous donne symboliquement l'affirmation que cette transmission d'énergie a le pouvoir de " faire vivre " .

Mais elle nous révèle aussi que l'imposition des mains est accompagnée de la parole qui participe activement à la guérison. "Pose tes mains sur la douleur, et dis que la douleur s'en aille". C'est sur un ton de commandement que la douleur est sommée de disparaître.

La civilisation égyptienne a transmis son savoir. Ce fut le peuple hébreu dont le guide, Moïse, était un initié qui, selon la Bible, "avait été instruit dans la science des égyptiens".
Ensuite les Grecs héritèrent de ce savoir.
Les gestes du magnétiseur sont présents dans la Bible. On les retrouve sur de nombreux bas-reliefs, ainsi que dans la médecine grecque des Asclépiades.

Moïse, oeuvre de Michel-Ange

Les vertus de la sophronisation

La parole est un élément majeur pour placer un sujet dans un parfait état de réceptivité. Alors, le magnétisme est susceptible de s'exprimer dans toutes ses extraordinaires possibilités. Le mot grec "spôphrôn" correspond au mot "sensé", tandis que le mot "phren" correspond à l'intelligence. Encore faut-il entendre ce mot "intelligence" dans le sens que lui donnaient les égyptiens quand ils indiquaient dans leurs textes que ceux-ci ne pouvaient être interprétés que par "l'intelligence de l'âme".

Toujours en Grèce, à Epidaure, on retrouve les vestiges de ces traitements.
Dans le sanctuaire d'Asclépios, le dieu de la médecine (Esculape pour Rome) il existe les restes d'un hôpital où les malades étaient soignés pendant quarante jours. Après les bains, ils étaient allongés dans une sorte de rotonde où, pendant qu'ils se trouvaient dans un état entre la veille et le sommeil, des prêtres médecins venaient leur murmurer derrière leur tête, par des trous percés dans le mur, des paroles de guérison.

Homère évoque " l'épode ", la parole à but thérapeutique, lorsqu'il cite le " Terpnos logos " dans des textes qui datent du IXème siècle avant Jésus-Christ.

Platon, qui vécut 400 avant notre ère, reprend le terme de "Terpnos logos" qu'il qualifie de parole douce, monotone et monocorde qui agit sur le thymos et engendre "l'état de sophrosyne". Il s'agit d'un "état de calme, de concentration suprême de l'esprit", produit par de belles paroles.

Nous trouvons chez Platon la définition des bases d'une "psychothérapie verbale" dans un dialogue entre Socrate et le jeune Charmidès. Ce dernier souffre d'un violent mal de tête et Socrate accepte de le soigner au moyen d'une plante et d'une "Incantation". Et Socrate (donc Platon) dit tenir ce traitement d'un médecin de Thrace qui disait entre autres: "Il ne faut pas traiter la tête sans l'âme. Tous les maux et tous les biens pour le corps de l'homme tout entier viennent de l'âme. C'est donc avant tout l'âme qu'il faut soigner si l'on veut que la tête et tout le corps soient en bon état. Or l'âme se soigne par des incantations."

Magnétisme et Sophronisation

Le Sophromagnétisme utilise toute l'efficacité du magnétisme traditionnel amplifié par l'utilisation des états sophroniques engendrés par la parole.

L'échange d'énergie que constitue le magnétisme se double d'un échange de sérénité entre le sophromagnétiseur qui doit être calme et concentré et le sujet placé dans une situation de réceptivité face à un magnétisme à la fois puissant et apaisant. C'est alors que se créée une totale harmonie entre ces deux êtres, harmonie dont la notion en grec ancien peut se traduire par le mot "sos".

Le sophromagnétisme a pour base l'harmonie créée entre le sophromagnétiseur et son sujet, ainsi que, chez ce dernier, entre sa conscience globale, son mental et son corps. C'est alors qu'est utilisée très efficacement et dans un but déterminé, l'action de l'énergie appelée "magnétisme".

Chez un malade, le sophromagnétisme offre toutes les qualités amplifiées du magnétisme traditionnel, avec en plus un apaisement et un soulagement susceptibles de rendre encore plus efficace le traitement médical. Chez tous les êtres, il développe les qualités physiques et psychiques qui font partie de leur potentiel, même quand ils n'en ont pas conscience.

"Le Sophromagnétisme" n'est pas seulement une méthode pour soulager les maux physiques ou psychiques, c'est aussi un ensemble de connaissances qui permettent de "Mieux Vivre", de s'épanouir, de rayonner et de transmettre cette énergie positive à ceux que nous côtoyons.

Il convient de souligner qu'il s'agit d'un instrument de développement personnel qui tend à supprimer le trac, le stress, les anxiétés, les angoisses, les états dépressifs, etc…Il établit ou rétablit la confiance en soi et permet d'imposer sa personnalité et de développer son influence et son charisme. Il donne les moyens d'apporter aux autres une aide ponctuelle ou un nouveau départ dans leurs relations familiales, professionnelles et sociales et de favoriser leur évolution positive.


Evolution jusqu'au Sophromagnétisme

L'utilisation du magnétisme, précédé et complété par une mise en condition psychique, ne posait aucun problème avant notre ère. Il n'en a pas été de même au long des siècles qui ont suivi. Les magnétiseurs étaient toujours aussi nombreux mais "leur art" était pernicieusement confondu avec des pratiques de magie et de sorcellerie; ce qui les a rendus prudents et discrets.

Dans les ténèbres du moyen âge tout ce qui n'était pas expliqué ne pouvait être que miracle. L'Eglise de Rome détenait un pouvoir qui ne se limitait pas au spirituel, mais imposait aux populations sa puissance absolue d'intolérance.
Les gens qui soulageaient ou guérissaient dans le giron de ce pouvoir étaient considérés comme exécutant un miracle de Dieu.

Malheur à ceux qui produisaient les mêmes résultats hors de ce giron; ils accomplissaient un miracle du diable avec qui ils pactisaient.
Alors les bûchers n'étaient jamais bien loin et des milliers de braves gens ont ainsi été torturés au nom de celui qui avait dit : "Aimez-vous les uns les autres."

Plus tard Paracelse établiera une théorie du magnétisme.
Il a fallu attendre le XVIIIème siècle pour que Mesmer en reprenne les idées et édifie une doctrine personnelle qu'il publie en 1779 sous le titre: "Mémoire sur la découverte du Magnétisme animal." Les 27 propositions de ce mémoire constituent un document qui révèle une science dont bien des éléments restent encore à retrouver tandis que d'autres n'ont été "redécouverts" qu'au vingtième siècle par nos scientifiques. Dans mon ouvrage "Guide pratique de Magnétisme et de Sophromagnétisme" , j'ai repris ces 27 propositions en les accompagnant de commentaires.

A partir des travaux de Franz Anton Mesmer, de nombreux médecins s'intéressèrent à ces théories qu'ils mirent en pratique avec des résultats stupéfiants. Les successeurs de Mesmer continuèrent ses travaux sur les guérisons par le magnétisme, mais ils orientèrent surtout leurs recherches vers les phénomènes de suggestions et d'autres propriétés du magnétisme.

Ils remarquèrent qu'au cours d'une séance, certains sujets semblaient se trouver dans un état situé entre la veille et le sommeil. Ces sujets devenaient insensibles à la douleur et parfois ils exprimaient des prédictions. Cet état fut appelé "somnambulisme", un mot qui fit sourire…
En 1843, un chirurgien anglais, James Braid, s'inspira d'un dieu grec qui avait la réputation d'endormir ses adversaires. Ce dieu c'est Hypnos et Braid remplaça le mot somnambulisme par "hypnose". Bon nombre de médecins pratiquèrent l'hypnose, fille directe du magnétisme.

On parla beaucoup d'hypnose et beaucoup moins de magnétisme. Vers 1878 le professeur Charcot fit sur ce sujet des conférences à la Sorbonne. La chirurgie sous hypnose fut pratiquée un peu partout en France.
Cependant, l'apparition du chloroforme appliqué à l'homme à partir de 1847 offrait une possibilité rapide d'anesthésie. Malgré sa toxicité pour le cœur et pour le foie, le chloroforme fit abandonner l'anesthésie sous hypnose…Et l'Académie de Médecine se garda bien de s'y opposer.

A cette époque, il est beaucoup moins question des traitements par imposition des mains ou par passes magnétiques. C'est le "sommeil magnétique" qui fait l'objet de la plupart des recherches et des travaux.

Deux cheminements bien distincts, issus d'une même origine, "le Magnétisme" et "l'hypnose" semblent ne plus rien avoir de commun. Bien des gens et même des praticiens, ont quelque réticence à rapprocher ces deux "techniques".

Le Magnétisme continua plus ou moins discrètement son chemin, dans sa tradition…et dans l'illégalité. Il n'était plus en butte aux foudres de L'Eglise qui avait fait se retrancher ceux qui le pratiquaient derrière des secrets; ce qui parfois amplifiait le mystère et la qualification de "surnaturel". Il se trouvait - et se trouve toujours - confronté aux "autorités médicales officielles", les mêmes qui ont rejeté Mesmer et qui, sous le prétexte de protéger les populations, interdisent à ceux qui ne sont pas dans son giron de soulager et de guérir, se réservant ce droit…et préservant ainsi toute concurrence.

Depuis des siècles, le magnétisme traditionnel , avec "ses secrets" transmis de générations en générations, est pratiqué partout, dans les villes comme dans les localités rurales et dans les campagnes. Un médecin Anton Mesmer en a démontré la rationalité. D'autres magnétiseurs l'ont fait mieux connaître par leurs ouvrages; citons Hector Durville (1849 - 1923), son fils Henri Durville (1888 - 1923), le docteur Jagot (1889 - 1963) etc. Citons aussi un autre médecin, le docteur Moutin qui rédigea un ouvrage sur "Le Magnétisme humain" dans lequel nous lisons: "Il n'est pas nécessaire d'être médecin, d'avoir fait de longues études, pour soulager son semblable: le premier venu peut accomplir cette tâche; il n'y a qu'à employer les procédés que nous indiquons."

Et le magnétisme poursuit sa route. Isolé, efficace et discret, il semble avoir oublié sa petite fille l'hypnose qui depuis qu'elle ne répond plus au nom de somnambulisme a connu bien des vicissitudes.

L'Hypnose détrônée en chirurgie par les "bienfaits du chloroforme", a souffert de ses qualités spectaculaires. Elle tomba dans les mains de simulateurs qui l'entraînèrent dans des spectacles de champs de foire. Son image de marque en fut ternie pour longtemps.
Le grand public mal informé ne sachant pas faire la différence entre le vrai et le faux, les vieilles idées de magie et de sorcellerie se sont greffées sur cette ignorance. L'hypnose devint suspecte et la crainte et les préjugés la reléguèrent dans le répertoire des bateleurs et des illusionnistes.

Cependant, certains médecins continuèrent à s'y intéresser.

A Madrid, en 1958, un jeune médecin, Alphonse Caycedo se spécialise en neuropsychiatrie. Il va travailler à Nancy avec le docteur André Cuvelier dont il traduit en espagnol la thèse de doctorat: "l'Ecole hypnologique de Nancy". C'est à Madrid qu'il crée le premier département d'hypnose clinique dans le service du docteur Lopez-Iboz, psychiatre renommé.
Mais l'image de l'hypnose est galvaudée en Espagne comme en France. Caycedo, qui est passionné par l'étude de la conscience humaine, a l'intention de modifier la terminologie pour valoriser sa méthode. Il propose d'abord le terme "sophropsyché" et finalement décide de créer un mot nouveau: "sophrologie", très proche de la sophrosyne de la Grèce antique. Cette évolution est motivée, entre autres, par un légitime souci d'image de marque. Comme autrefois le mot somnambulisme, le mot hypnose n'inspire pas confiance.

Aujourd'hui nous entendons dire parfois: "La sophrologie n'a rien à voir avec l'hypnose!" …Ceux qui s'expriment ainsi seraient bien surpris si on leur répondait que hypnose et sophrologie sont les filles directes du magnétisme…

La sophrologie, selon Caycedo, est "une école scientifique qui étudie la conscience, ses modifications et les moyens physiques, chimiques ou psychologiques pouvant la modifier, dans un but thérapeutique, prophylactique ou pédagogique, en médecine".
Comme l'hypnose, elle ne fait pas référence au magnétisme dont les applications médicales ne font aucun doute mais qui va bien au-delà des soins et de la guérison.

Ainsi, de son côté, le magnétisme est toujours utilisé pour établir des échanges d'énergie qui traditionnellement améliorent le fonctionnement du corps humain lorsqu'une agression quelconque vient le perturber. Il se pratique comme autrefois et n'implique pas l'intervention de différents états de conscience. Pour sa part, l'hypnose et ses dérivés s'intéressent essentiellement aux états de conscience comme le précise le docteur Caycedo dans sa définition de la sophrologie.

Mon idée a été de réunir à nouveau deux techniques complémentaires qui pour l'une s'applique au corps physique et pour l'autre à la partie psychique de l'être. Il en était ainsi dans des temps lointains et les conditions de vie de notre époque exigent de prendre en considération l'être humain dans son ensemble.

Charly Samson

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