Le
petit Larousse nous en donne une définition toute prudente:
"technique de l'interprétation de l'écriture considérée comme
expression de la personnalité".
On peut dire que c'est une technique récente qui est née au
milieu de XIXème siècle et qui a connu un fort développement
au cours du XXème siècle.
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Manuscrit
sur Papyrus


Si
des philosophes grecs comme Aristote (vers 320 avant
JC) ou des médecins célèbres comme Hippocrate (vers
370 avant JC) ont essayé de percer les mystères de certains
écrits et essayé de définir la personnalité de ceux qui les
avaient laissés, ce n'est qu'au début du XIXème siècle
que la graphologie commencera à avoir une existence reconnue
avec des règles définies.
Les
premiers écrits connus, dans ce domaine, sont un peu plus
anciens et remontent à 1622, avec un livre publié par un philosophe
italien, médecin et professeur, Camilo Baldo, intitulé
" Traité sur les moyens de déterminer la nature et les
qualités d'une personne d'après ses lettres missives ".
En 1812, on retrouvera aussi des écrits de Edouard Hocquart,
qui sera considéré comme l'un des précurseurs de la graphologie.
Mais, dans un cas comme dans l'autre, les auteurs se bornent
à faire un certain nombre de constatations et de comparaisons
sans en définir une méthode ou des règles qui pourraient étayer
une nouvelle technique d'étude de la personnalité de l'individu.
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Haut de page
d'un manuscrit de Charles d'Orléans
Lettre à Louis XI |

D'autres
chercheurs étrangers vont suivre les pistes italiennes et
Johann Kaspar Lavater, inventeur de la physiognomanie,
sera le pemier à constater les différences entre les écritures
de deux auteurs de nationalités différentes, et à observer
qu'à chaque nationalité appartient une physionomie différente
Ce n'est qu'en 1868 qu'un curé français, l'abbé Jean Hyppolyte
MICHON, donne sa véritable dimension à cette science.
Il composa le mot graphologie à partir des mots grecs " graphein
" - écrire - et " logos " - la science -.
Il
écrivit trois ouvrages sur les bases de cette nouvelle technique,
le célèbre "Mystère de l'Ecriture" en 1870, puis "
La Graphologie ou l'Art de Reconnaître les Hommes par leur
Ecriture " en 1872, et enfin son " Système de Graphologie
suivi d'une méthode pratique de graphologie " en 1875, et
mettra en place une grille d'analyse. Il créa aussi en 1871
une revue: "La graphologie - Journal des autographes",
précurseur de l'actuelle revue éditée par la Société française
de graphologie.
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La
graphologie, encore très peu connue et plutôt mystérieuse
fut dépréciée par l'opinion publique et ne fut reconnue comme
une science sérieuse que lors de la construction de l'Ecole
Française de Graphologie par Crépieux-Jamin au début du XXème
siècle. Il démontre alors l'aspect scientifique de la graphologie
et met un frein aux assimilations à l'astrologie, lecture
dans le marc de café, occultisme et autres pratiques considérées
par lui comme fantaisistes et peu rationnelles.
Se
servant des conclusions de l'abbé Michon, Crépieux-Jamin va
entamer ses propres recherches et recensera avant sa mort,
en 1940, 175 sortes d'écritures. Il est alors persuadé qu'il
y en a beaucoup d'autres et que cette nouvelle science peut
être développée très profondément à condition que les spécialistes
se servent d'autres sciences dans leurs recherches (approche
psychologique,…).
Ainsi,
psychologues, psychiatres et autres spécialistes se sont rapidement
vus travailler en collaboration avec les graphologues. Et
depuis plus d'une centaine d'années maintenant, les spécialistes
de la graphologie, à force de travail sur des milliers d'écrits
différents, ont regroupé et classé les écritures, en fonction
par exemple des rythmes et des formes qu'elles comportent.
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Au
cours du XXème siècle, le philosophe allemand Ludwig
Klages (1872-1956), en fonction du degré d'originalité,
de la spontanéïté et de la perfection, définira "le rythme de
l'écriture". En effet, il est bien évident que les lettres prennent
parfois des formes plus ou moins arrondies, plus ou moins conventionnelles,
ainsi que des rythmes différents, avec des lettres plus ou moins
espacées, une écriture plus ou moins aérée.
Ces
signes témoignent pour les psychologues et autres spécialistes
de traits de caractère bien précis de l'individu auteur de ces
graphes.
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